Waterloo Region Suicide Prevention Council

Nom du réseau/de la coalition : Waterloo Region Suicide Prevention Council

Interlocutrice principale : Tana Nash

Communautés faisant partie du réseau : La région de Waterloo

Nombre d’organismes participant au réseau : 16

Secteurs intervenant dans le réseau : Enseignement, santé, justice pour la jeunesse, santé mentale, spiritualité

Adresse du site Web : wrpsc.ca  

 

Comment votre réseau a-t-il débuté?

En 1996, des personnes concernées, représentant des organismes et la communauté, ont convoqué une assemblée locale à la suite d’un certain nombre de suicides. En 1997, le Waterloo Region Suicide Prevention Council (WRSPC) a été créé. Au début des années 2000, un tournoi de golf commémoratif au profit du WRSPC a vu le jour. Grâce à cela, le WRSPC s’est constitué en société et il a reçu le statut d’organisme de bienfaisance. En outre, un don généreux de l’hôpital a permis l’embauche d’un coordonnateur et un comité de travail a élaboré une stratégie communautaire qui a été publiée en 2006. 

Le WRSPC est principalement composé d’organismes en santé mentale qui encouragent leurs employés passionnés qui s’investissent dans la prévention du suicide à assister aux réunions et à participer à des efforts au niveau du sous-comité. Le WRSPC compte aussi environ 45 bénévoles actifs qui soutiennent actuellement le travail de ces employés. Ces bénévoles vont et viennent au fil de leur cheminement. Certains ne font du bénévolat qu’une fois par an, d’autres sont plus engagés. Le WRSPC propose maintenant une soirée annuelle en l’honneur des bénévoles (organisée par un bénévole!), ainsi qu’un guide à l’intention des bénévoles. 

 

Quels sont les objectifs du réseau?

Le WRSPC est convaincu que chaque personne a droit à un soutien pour parvenir à un mode de vie sain et positif. Notre mission est de réduire les comportements suicidaires et leur impact sur les individus, la famille et la communauté. Le WRSPC se concentre sur cinq objectifs principaux :

  • Accroître l’engagement de la communauté à participer à une stratégie régionale de prévention du suicide
  • Accroître la sensibilisation du public
  • Collaborer avec des partenaires pour accroître les efforts en matière de prévention
  • Renforcer la capacité de la communauté par la formation et l’éducation
  • Influencer des changements aux programmes à l’échelle communautaire et mettre en œuvre une stratégie coordonnée

 

Quelles sont les principales activités mises en jeu dans le réseau?

Tout en centrant ses efforts sur la jeunesse, le WRSPC s’est impliqué dans plusieurs activités clés :

  • La formation safeTALK offerte à tous les étudiants de la Faculté d’éducation de l’Université Wilfrid-Laurier, suite à l’engagement du doyen en faveur de la formation à la prévention du suicide pour tous les futurs enseignants (bien qu’elle ne soit pas obligatoire dans le programme)
  • La formation des fournisseurs de soins primaires, accréditée par le Collège des médecins de famille du Canada, visant à accroître les connaissances et l’éducation au sujet des patients qui sont jeunes ou adolescents 
  • La création d’une carte de ressources sur la jeunesse d’un format de poche, que les fournisseurs de soins primaires, les conseils scolaires, les services d’urgence mobiles, les hôpitaux et d’autres organismes communautaires peuvent remettre aux familles et aux patients
  • La formation de gardiens, telle que la formation safeTALK de 754 jeunes grâce à un financement généreux de clubs de services locaux
  • L’organisation pour la communauté de quatre séances de projection gratuites (avec 600 participants) du documentaire Bully, en collaboration avec Lutherwood, avec un groupe d’experts d‘organismes locaux fournissant des ressources et de l’aide après la projection
  • L’organisation d’une conférence sur la jeunesse en crise (avec 150 professionnels locaux présents), en partenariat avec les services policiers de la région de Waterloo et Lutherwood, qui mettait l’accent sur ce que chaque organisme communautaire peut faire quand un jeune est en situation de crise
  • La conception du tee-shirt My Life Matters, avec la participation des jeunes (1 500 tee-shirts ont été distribués dans la région à ce jour), et son apparition dans les écoles, à la Chambre des communes, sur le réseau CTV et à l’émission Canada AM
  • L’élaboration de différents documents d’information :
    1. After a suicide attempt for Family (Après une tentative de suicide – Guide de la famille)
    2. After an attempt for yourself (Après une tentative de suicide – Guide de la victime)
    3. Suicide obituary brochure (Brochure sur l’avis de décès en cas de suicide)

 

Certaines de vos activités ont-elles impliqué l'élaboration d'un protocole?

  1. Oui, nous avons élaboré une carte sur l’évaluation du risque de suicide chez les jeunes et sur leur aiguillage au sein de la communauté.
  2. Dans l’affirmative, quel type de protocole?
    • Protocole inter-organisationnel
    • Protocole de gestion des risques

 

Quels sont les facteurs de succès qui permettent d’aider votre réseau à obtenir les résultats désirés?

  1. L’action – En faisant la promotion du travail que nous faisons, nous recevons plus de fonds grâce aux dons et au travail de tiers, alimentant ainsi les efforts du WRSPC.  
  2. Le partenariat et la collaboration – Nous travaillons en partenariat et en collaboration avec de nombreux organismes communautaires. Il est important que nous travaillions tous ensemble.
  3. Le profilage –  Nous travaillons de manière proactive avec les médias afin de partager nos préoccupations, de faire la promotion des mesures positives que nous prenons et de promouvoir nos événements. Ce profilage supplémentaire nous a permis d’obtenir un financement supplémentaire. 
  4. Un employé dévoué – Le WRSPC constate que son succès est fondé sur un employé rémunéré qui maintient l’élan de ses efforts et qui travaille sans relâche. Il s’agissait au début d’un poste de quatorze heures par semaine, financé par le tournoi de golf commémoratif. Le WRSPC a aussi établi un partenariat avec des organismes locaux qui lui offrent un local et qui le soutiennent. 

 

Votre initiative, coalition ou réseau a-t-il fait face à des défis importants? Que sont‑ils et quelles mesures avez-vous prises (ou prenez-vous actuellement) pour les surmonter?

  • La nécessité de croître sans avoir l’infrastructure nécessaire pour soutenir cette croissance. Nous nous sommes penchés sur ce problème il y a deux ans et, pour le résoudre, nous avons établi de nouveaux partenariats. Cependant, nous éprouvons de nouveau des problèmes de croissance et nous pourrions bénéficier d’un employé administratif pour soutenir le travail de l’organisme; malheureusement, nous n’avons tout simplement pas les fonds nécessaires. 
  • Bien que nous ayons une stratégie, celle-ci doit de nouveau être mise à jour pour inclure des mesures stratégiques spécifiques en vue de réduire les taux de suicide. Certaines de ces mesures sont difficiles à prendre localement et elles nécessitent un soutien provincial et fédéral.

 

Avez-vous des conseils à donner à d’autres communautés se mobilisant autour de la prévention du suicide, de la gestion des risques et de la postvention chez les jeunes?

  • Collaborer en tant que communauté.Les partenariats sont essentiels. Soyez créatifs et n’hésitez pas à sortir des sentiers battus. Voici quelques idées :
    • Des artistes graphiques qui demandent un taux horaire ou réduit.
    • Des imprimeries qui peuvent faire don de bannières ou de panneaux lors d’événements ou qui peuvent les offrir à un tarif réduit.
    • Des organismes qui peuvent fournir des services postaux, de photocopie ou des locaux et des téléphones sans frais.
    • Des clubs de services qui peuvent fournir des locaux pour des présentations ou des événements, et qui ont souvent des fonds qu’ils réinvestissent dans la communauté. 
    • Des entreprises locales qui peuvent collaborer de nombreuses façons, notamment en fournissant un local de réunion ou d’entreposage, en planifiant des collectes de fonds et en fournissant des prix pour les enchères silencieuses ou les tombolas.
    • Les salles de cinéma locales qui peuvent fournir l’infrastructure nécessaire pour une présentation ou la projection d’un film. Le WRSPC a établi un partenariat avec une salle de cinéma locale pour proposer quatre projections gratuites du documentaire Bully, avec des animateurs de la radio locale. Après le film, un groupe d’experts de la communauté a partagé des informations sur les services et il a répondu aux questions du public. De plus, une liste des ressources communautaires existantes avait été placée sur chaque siège. 
    • Les communautés religieuses peuvent jouer un rôle clé pour bâtir des communautés plus sûres en matière de suicide. Proposez aux chefs religieux et à leurs paroisses la formation de gardiens et des ressources d’information. 
    • Les services d’aide aux victimes peuvent être les premiers intervenants en cas de suicide. 
    • Les partenariats financiers peuvent aider à financer le travail de votre coalition. Rédigez une liste de tous les organismes qui, selon vous, pourraient vous aider à cet égard. Si vos budgets sont serrés, pensez à la façon dont ces organismes pourraient contribuer, même modestement, à atteindre le montant total dont vous avez besoin.
    • Les entreprises de services funéraires peuvent aider de nombreuses manières. Elles peuvent notamment :
      • jouer un rôle dans la lutte contre la stigmatisation, car elles sont l’un des premiers points de contact des membres de la famille;  
      • fournir des conseils aux familles qui veulent parler de suicide dans l’avis de décès ou lors du service funèbre; 
      • proposer des ressources utiles aux familles et à ceux qui assistent aux services funèbres (avec la permission de la famille). Conseil : Demandez à votre maison funéraire locale de cofinancer une brochure sur le deuil; en échange, son logo pourrait figurer sur la brochure.
  • Faites une analyse de l’environnement – Qu’est-ce qui fonctionne actuellement? Où sont les lacunes? De quoi avez-vous besoin?
  • L’utilisation du modèle de l’Organisation mondiale de la Santé issu du rapport de 2014 est un bon point de départ. 
  • Faites participer les jeunes. Que disent-ils avoir besoin?
  • La postvention est cruciale. Les ressources et les services sont essentiels. Tout en faisant la promotion de la prévention du suicide et de l’aide en la matière, assurez-vous que l’offre de services augmente pour faire face aux besoins accrus. Il peut s’agir d’une étape difficile. 

 

Avez-vous évalué les efforts de votre groupe?

Cela continue d’être un défi pour nous, mais nous avons mené, en plus des enquêtes requises, des évaluations de nos présentations sur la sensibilisation générale au suicide et sur la formation en intervention en effectuant des sondages avant et après les événements. Nous avons également mené des enquêtes de suivi après six mois auprès des fournisseurs de soins primaires qui ont suivi la formation accréditée. Nous devons encore renforcer ce processus d’évaluation en y intégrant des données réelles sur la réduction des tentatives de suicide et des suicides.