Le soutien entre pairs

Le soutien entre pairs, c'est lorsque des personnes qui vivent le même problème apprennent ensemble et s’entraident pour le surmonter. Le soutien entre pairs est particulier dans la mesure où il s’agit d’une forme de support qui ne peut être reçu que par d’autres personnes partageant les mêmes expériences.1

Pourquoi est-ce que c’est important?



Le Centre d'Excellence de l'Ontario en santé mental des enfants et des ados et le Réseau communautaire de prévention du suicide d’Ottawa ont créé Les piliers des jeunes pairs aidants, une série d’apprentissage vidéo en neuf parties élaborée conjointement avec des jeunes et des experts et expertes de la communauté. Cette série en neuf parties sert à présenter aux jeunes les éléments clés de la relation de pair aidant et renforcer leur confiance à fournir un soutien aux pairs.
La vidéo six, S’initier au soutien des jeunes par les pairs, donne un aperçu de la manière de soutenir une personne qui envisage de se suicider et de l’importance de briser les codes du silence autour du suicide.

Généralement, les jeunes sont plus susceptibles de parler de leurs problèmes et préoccupations en matière de santé mentale à des amis, à des membres de la famille ou à des sources informelles plutôt qu’à des sources formelles comme des médecins, des psychologues et des psychiatres2,3. C’est la même chose pour les jeunes qui ont des idées suicidaires4. Comme les jeunes sont plus susceptibles de s’ouvrir à des pairs qu’à des adultes, le soutien entre pairs est un volet important d’un plan efficace de prévention du suicide chez les jeunes. En dépit du fait que le soutien entre pairs est une pratique relativement nouvelle en santé mentale, nous savons qu’il comporte de nombreux avantages, notamment aider les jeunes à risque à développer une idée plus positive d’eux-mêmes, à réduire leur consommation de drogues et d’alcool et à améliorer leurs relations5.

Les groupes de soutien par les pairs peuvent également être une excellente solution pour les familles et les parents d’enfants en difficulté6,7,8. Par exemple, il peut être bénéfique pour les familles endeuillées par le suicide de leur enfant de partager leur histoire avec des personnes qui ont vécu une perte similaire. Le soutien entre pairs les aide à se sentir soutenues, comprises et à ne plus être seules à vivre leur douleur6. De même, pour les parents d’enfants ou d’adolescents aux prises avec des problèmes de santé mentale, le soutien entre pairs aide à réduire l’isolement grâce à la compréhension mutuelle et à la possibilité de créer de nouveaux liens. Pour tous, mais peut-être encore plus pour les parents, le soutien entre pairs offre la possibilité de résoudre des problèmes collectivement et de renforcer les connaissances pratiques9. En particulier, utiliser les compétences de familles ayant vécu les mêmes expériences pour aider celles qui ne connaissent pas bien le système de santé mentale est une approche prometteuse en matière de soutien par les pairs. Par exemple, des parents inscrits à un programme visant à aider les familles à s'orienter dans le système de santé mentale ont bénéficié non seulement d’un soutien affectif accru et d’une réduction de leur stress, mais également d’un accès amélioré aux services de soutien à la suite de leur participation.

Quelle forme peut prendre le soutien par les pairs dans le domaine de la santé mentale?

Le soutien par les pairs peut se présenter sous différentes formes et se caractériser par des stratégies formelles et informelles. Généralement, on classe les interventions par les pairs en trois catégories, chacune d'appuyées par la recherche10,11:

 

Groupes d'entraide ou de soutien par les pairs

  • Rassemblements hebdomadaires ou mensuels volontaires de personnes pour échanger leurs expériences face à des difficultés similaires. Les participants y échangent également des stratégies d'adaptation et se sentent compris.
  • Les recherches indiquent que ces groupes favorisent les capacités d'adaptation, l'autoefficacité et le soutien social, entre autres choses.

Programmes dirigés par des pairs

  • Programmes de santé mentale où du personnel composé de pairs offre du soutien aux personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale en puisant dans ses propres connaissances et expériences.
  • Exemple: mentorat par les pairs, à la gestion de cas par des pairs et aux centre d'accueil où l'on offre du soutien entre pairs.
  • De plus en plus de recherches reconnaissent l'importance de ce type de soutien par les pairs, car il semble améliorer la qualité de vie générale et le soutien social.

Les pairs en tant que fournisseurs de services

  • Il s'agit de spécialistes en soutien par les pairs accrédités qui se sont remis d'une maladie mentale et qui sont embauchés pour travailler au sein d'une équipe officielle chargée de la prestation de services. Ce type de soutien par les pairs est une solution particulièrement intéressante pour les personnes qui se sentent déconnectées des professionnels travaillant dans les services classiques.
  • La documentation confirme que les services fournis par le personnel-pair sont tout aussi efficaces que les services de santé mentale similaires fournis par du personnel non composé de pairs (c.-à-d. du personnel qui ne parle pas de ses expériences personnelles avec la santé mentale).
  • Les chercheurs n'ont toutefois pas encore reconnu la valeur unique du personnel-pair dans les services classiques.

Comment votre communauté peut-elle se lancer?

Tout d’abord, vous pouvez vous familiariser avec les connaissances que nous avons déjà sur le sujet, recueillies à la suite d’initiatives de soutien par les pairs. Faire avancer la cause du soutien par les pairs est un rapport de la Commission de la santé mentale du Canada (CSMC) qui décrit la tendance et le contexte actuels entourant le soutien par les pairs dans le domaine de la santé mentale. On y traite des difficultés et des avantages liés au soutien par les pairs et on y donne des exemples de bonnes pratiques en matière de soutien par les pairs au Canada. 

Vous cherchez peut-être à intégrer des pairs en tant que fournisseurs de services à vos efforts de prévention du suicide chez les jeunes, de gestion du risque et de postvention. Ce document de politique comprend les principaux éléments qui peuvent maximiser le succès de l’intégration du soutien par les pairs à la fourniture de services officielle.

Un certain nombre de facteurs doivent être pris en considération lorsqu’on met au point un nouveau programme de soutien par les pairs. La CSMC a élaboré un guide pour faciliter la planification et la mise en œuvre de programmes dirigés par des pairs destinés aux jeunes et aux familles. Le guide sur le soutien par les pairs (en anglais) élaboré par le Centre d’excellence pour l’engagement des jeunes contient également des conseils pratiques et des directives pour mettre en œuvre un groupe de soutien par les pairs dans les écoles secondaires.

 

Autres ressources

Bereaved Families of Ontario offre différents services de soutien par les pairs destinés aux jeunes et aux jeunes adultes âgés de 12 à 24 ans qui traversent le deuil d’un proche victime d’un homicide, qui s’est suicidé ou qui est décédé de causes naturelles.

La Commission de la santé mentale du Canada offre une série de ressources pertinentes sur le soutien par les pairs.

Le Family Navigation Project de SunnyBrook, élaboré par des familles, est un programme destiné aux familles pour les aider à mieux naviguer dans le système de santé mentale.

Les Family-to-Family Programs, organisés par l'Alliance nationale pour la maladie mentale (branche de l'Ontario), cherchent à améliorer la vie des familles touchées par la maladie mentale par l’entremise de cours et de groupes de soutien qui ont été conçus par un membre de famille expérimenté.

Parents for Children’s Mental Health (PCMH) offre des groupes de soutien ou de pairs à travers la province. Consultez la section du PCMH la plus près de chez vous.

The Mood Disorders Association of Ontario (MDAO) anime des groupes de soutien par les pairs en Ontario.

  • 1. Association canadienne pour la santé mentale, 2007
  • 2. Davidson et Manion, 1996
  • 3. Sheffield, Fiorenza et Sofronoff, 2004
  • 4. Hazell et King, 1996
  • 5. Buck, 1977
  • 6. a. b. Hopmeyer et Werk, 1994
  • 7. Shilling et al., 2013
  • 8. Shor et Birnbaum, 2012
  • 9. Association canadienne pour la santé mentale – filiale de la Colombie-Britannique, 2007
  • 10. Davidson, Chinman, Sills et Rowe, 2006
  • 11. O’Hagan, Cyr, McKee et Priest pour la Commission de la santé mentale du Canada, 2010