Postvention

Le suicide chez les jeunes a des répercussions à tous les niveaux de votre communauté, et porte atteinte aux individus, aux familles, aux écoles, aux voisinages ainsi qu’aux établissements. Lorsque votre communauté est touchée par un décès par suicide, il ne suffit pas d’établir la communication avec les personnes qui ont besoin d’aide, mais il faut aussi planifier l’intervention requise à l’échelle de la communauté.

Qu’est‑ce que la postvention?

La postvention est une stratégie d’intervention importante destinée à répondre aux besoins des personnes qui requièrent de l’aide à la suite d’un suicide. Elle vise à aider les personnes endeuillées, mais elle peut aussi aider les personnes qui présentent un risque élevé de suicide. La postvention facilite le processus de deuil et, si elle est appliquée à l’échelle de la collectivité, elle réduit l’incidence de la contagion du suicide grâce à la consultation des endeuillés et à la sensibilisation.1 La postvention est la première étape de la prévention continue. 

 

Pourquoi est-ce important?

Pour chaque victime d’un suicide, on estime qu’un nombre allant de 6 à 28 individus, qui englobe notamment les membres de la famille et les amis, sont directement touchés par ce décès.  En milieu scolaire, les conséquences du suicide peuvent être encore plus grandes. En effet, les élèves présentent un risque de trouble de stress post-traumatique (TSPT), de dépression, de pensées suicidaires, de toxicomanie et d’aggravation de problèmes de comportement existants.2 Les personnes touchées par un suicide indiquent souvent qu’elles reçoivent moins de soutien social qu’elles estiment nécessaire pour composer avec la mort.2 Votre communauté a besoin de prendre des mesures pour offrir des soins aux personnes touchées. 

 

Quelles sont les personnes les plus à risque à la suite d’un suicide?

Le modèle des cercles de vulnérabilité peut aider à déterminer l’ampleur des conséquences affectives d’un suicide sur les membres d’une communauté.3
Les individus les plus exposés au risque englobent ceux qui se trouvent dans la proximité géographique, sociale et psychologique de la personne qui s’est suicidée.3

 

La proximité géographique fait référence à la distance physique avec l’incident, aux témoins oculaires ou aux personnes exposées à l’incident immédiatement après celui-ci. Par ailleurs, une couverture médiatique importante, répétitive et à sensation peut accroître l’incidence de l’événement.

La proximité psychologique fait référence aux personnes qui entretiennent des liens avec la victime, notamment celles qui ont des liens culturels avec elle, les compagnons d’infortune victimes d’intimidation, les membres de l’équipe, les camarades de classe et les personnes qui ont l’impression de vivre la même chose.

La proximité sociale fait référence aux relations que l’on a avec la personne qui affiche un comportement suicidaire, p. ex. les membres de la famille, les amis, les membres du cercle social ou un amoureux.

  • 1. Szumilas et Kutcher, 2010; Weekley et Brock, 2004
  • 2. a. b. Weekley et Brock, 2004
  • 3. a. b. Lahad et Cohen, 2006