Pratiques exemplaires en matière de prévention

L’évaluation, la recherche, les expériences vécues et les observations des prestataires de services — tout cela contribue à produire des données probantes indiquant ce qui est efficace pour faire baisser le taux de suicide des jeunes. L’une des difficultés, dans les recherches sur la prévention du suicide, est d’effectuer des études suffisamment pertinentes sur le plan statistique, parce que les décès par suicide et les comportements suicidaires sont généralement des événements à fréquence faible. Il est donc difficile pour nous de savoir dans quelle mesure nos stratégies de prévention ont bel et bien un impact. L’une des principales choses que vous pouvez faire pour enrichir la base de données objectives portant sur cette question est d’évaluer  votre propre travail en matière de prévention du suicide et de communiquer ensuite ces informations, afin d’éclairer les activités à venir. Ceci contribuera à faire avancer la recherche dans le domaine et débouchera forcément sur de nouvelles connaissances.

Nous n’avons certes pas encore de réponse à toutes les questions, mais il est important que nous mettions dès à présent en pratique les connaissances que nous possédons déjà. Les stratégies de prévention du suicide chez les jeunes qui suivent sont des stratégies que vous pouvez adopter dans votre communauté. Vous pouvez vous servir de l’outil de planification stratégique pour les classer par ordre de priorité, en fonction de vos circonstances particulières et de vos capacités. Il est également possible que votre approche diffère selon les groupes de jeunes auxquels vous vous adressez. Consultez à ce sujet la section sur les partenariats spéciaux, afin de vous familiariser avec les caractéristiques et réalités bien particulières des jeunes PNIM, des jeunes LGBTQ, des jeunes des milieux ruraux et des jeunes nouveaux arrivants.

N’oubliez pas que, en matière de prévention du suicide, les politiques sont un outil important. Bon nombre des stratégies qui suivent (sinon toutes) peuvent nécessiter l’élaboration de nouvelles politiques ou la modification de politiques existantes en vue de susciter des changements durables — que ce soit à petite échelle (politiques dans un service particulier de soins primaires, par exemple) ou sur l’ensemble de la collectivité (politique sur les échanges d’informations entre les prestataires de services, par exemple). Pour en savoir plus sur les politiques, veuillez consulter notre section « Politiques et protocoles ».

Dernière chose avant de vous lancer : quelle que soit la stratégie mise en œuvre, il est crucial de ne pas oublier les raisons pour lesquelles vous faites ce travail. Prévenir les suicides, ce n’est pas seulement prévenir les décès par suicide. C’est faire la promotion de la vie sous sa forme la plus saine et la plus chargée de sens. Faites en sorte que cette approche soit à la base même de votre travail dans le domaine.

 

Paliers en matière de prévention : La prévention universelleUniverselleLa prévention sélectiveSélectiveLa prévention indiquéeIndiquée

De quoi s’agit-il? Les campagnes de sensibilisation du public ont pour but de faire en sorte qu’on arrive mieux à reconnaître les risques de suicide et les comportements indiquant que l’individu cherche de l’aide, en éduquant le grand public sur les causes du suicide et les facteurs de risque. Elles cherchent également à réduire le caractère stigmatisant des maladies mentales et du suicide, en remettant en cause certaines idées fausses, comme le fait que le suicide serait l’issue inévitable de la maladie mentale. Le format des campagnes est variable : elles peuvent être brèves (exposition unique) ou longues (expositions multiples). Elles peuvent se dérouler à l’échelle locale, provinciale ou nationale et faire intervenir divers moyens (ressources pédagogiques, publicités à la télévision, etc.).

Pourquoi est-ce important? Les activités d’éducation et de sensibilisation sont une façon de contribuer à faire évoluer les conversations et attitudes négatives vis-à-vis du suicide et à faire en sorte qu’il soit plus facile pour les personnes aux prises avec des pensées et des comportements suicidaires de se manifester et de chercher à obtenir de l’aide. En outre, ces activités sont susceptibles de toucher d’un seul coup des populations entières, de sorte qu’elles constituent un moyen efficace d’informer un grand nombre de personnes sur les signes avant-coureurs du suicide et aussi d’attirer leur attention sur les ressources de soutien, comme les numéros d’appel d’aide.

Que nous apprend la recherche? Certains travaux de recherche laissent à penser que les campagnes de sensibilisation du public sont susceptibles de renforcer les connaissances de la population sur les maladies mentales et le suicide, de la sensibiliser davantage à ces questions et d’améliorer son attitude à leur égard. Les résultats de la recherche semblent toutefois mitigés pour ce qui est de la question de savoir dans quelle mesure les campagnes de sensibilisation encouragent les individus eux-mêmes à chercher à obtenir de l’aide.1 Dans l’ensemble, ces campagnes semblent être plus efficaces quand elles sont combinées à d’autres stratégies (p. ex., la formation de sentinelles) et quand elles ciblent directement un ou deux problèmes spécifiques (p. ex., la dépression et le suicide), plutôt que les maladies mentales de façon générale.1

Avertissement : La grande influence des campagnes de sensibilisation du public peut être une épée à double tranchant. Ces campagnes peuvent certes avoir d’importants avantages et partir d’une bonne intention, mais elles peuvent également avoir pour effet de normaliser les comportements suicidaires dans certains contextes (p. ex., quand le suicide est présenté, à tort, comme un événement courant) ou d’exposer les gens à des messages contradictoires à ce sujet. Il est important de faire un bon travail de recherche préliminaire avant de lancer quelque campagne que ce soit.

Ressource utile : Le gouvernement du Manitoba a élaboré un ensemble utile de Lignes directrices pour des activités d’éducation et de sensibilisation du public, qui vous aideront à élaborer des campagnes publiques efficaces et sûres.

De quoi s’agit-il? L’expression « promotion de la santé mentale » est un terme général définissant les approches à l’échelle communautaire qui visent à améliorer le bien-être des enfants et des jeunes sur le plan des émotions et du comportement. Le concept peut inclure (entre autres) des campagnes générales de sensibilisation aux questions de santé mentale et de réduction des aspects stigmatisants, des programmes de développement positif de la jeunesse, des politiques sur la santé mentale, des programmes d’apprentissage social et émotionnel pour les jeunes enfants à l’échelle des écoles, des initiatives de mobilisation de la jeunesse et des programmes de formation axée sur les compétences.

Pourquoi est-ce important? La maladie mentale est l’une des causes profondes des pensées et comportements suicidaires et la promotion de la santé mentale et la prévention du suicide vont donc de pair. Pour aider tous les enfants et les jeunes à s’épanouir et à surmonter les difficultés auxquelles ils sont confrontés dans leur vie, il est primordial de leur fournir les bons outils pour développer leur auto-efficacité, pour nouer des relations positives et pour se construire une identité positive dès leur plus jeune âge. Au niveau communautaire, la promotion de la santé mentale contribue à éliminer les obstacles systémiques, en mettant en valeur la diversité, l’intégration de tous et l’éducation axée sur les forces, ce qui a, au bout du compte, pour effet de favoriser la bonne santé de la population dans son ensemble.

Que nous apprend la recherche? Même si les chercheurs s’entendent pour dire que la promotion de la santé mentale est une priorité, il n’existe que peu de travaux de recherche qui ont effectivement examiné son impact sur le bien-être des jeunes et encore moins sur son impact éventuel sur les pensées et comportements suicidaires 2. C’est parce qu’il est difficile pour les chercheurs de mesurer les résultats obtenus par l’ensemble de la population sur le plan de la santé mentale : cela prend beaucoup de temps (des années!) et exige beaucoup d’argent, sans compter que les collectivités sont des milieux assez complexes à étudier. D’après une étude particulière, quand les jeunes participent à des activités parascolaires qui ont un sens pour eux, les pensées suicidaires sont moins fréquentes 3. Les recherches semblent également indiquer que ce sont les programmes scolaires portant sur la promotion de la santé mentale et les approches axées sur les forces — et non les initiatives de prévention des maladies — qui sont les plus efficaces quand il s’agit de favoriser la bonne santé mentale des jeunes, en particulier chez les jeunes Autochtones 4.

De quoi s’agit-il? Les programmes d’études sur la sensibilisation au suicide sont offerts aux élèves dans les écoles afin de leur faire découvrir les causes du suicide et les signes de suicide, ainsi que les manières de les traiter. Dans l’idéal, il s’agit de programmes qui incorporent les différents volets que sont l’éducation sur la santé mentale, la sensibilisation au suicide et la formation de sentinelles.

Pourquoi est-ce important? Le suicide est une réalité qui est trop souvent liée à des tabous et stigmatisée. Pour encourager les jeunes aux prises avec des pensées ou comportements suicidaires à en parler à quelqu’un, il est important de dénoncer les idées fausses et d’aider tout le monde à mieux comprendre le suicide et ses causes. De plus, quand les jeunes sont prêts à parler de ce qu’ils ont sur le cœur, il y a plus de chances qu’ils se tournent vers leurs camarades du même âge que vers des adultes pour obtenir de l’aide. C’est pour cela qu’il est important que les élèves sachent quoi faire face aux risques de suicide.

Que nous apprend la recherche? Il existe certaines données empiriques positives concernant les programmes d’études sur la sensibilisation au suicide. D’après une étude particulière, le programme « Signs of Suicide » (SOS), qui comprend également un bref volet de dépistage, a contribué à faire baisser le nombre de tentatives de suicide chez les jeunes 5. D’autres études montrent que des programmes comparables sont susceptibles de contribuer à améliorer les connaissances et les attitudes des élèves vis-à-vis du suicide, de renforcer les facteurs de protection dans leur vie et de les encourager à se faire aider 5.

Avertissement : Les programmes d’études sur la sensibilisation au suicide ne sont pas des solutions rapides et il est impossible de les utiliser comme tels. Les programmes ou approches simplistes — par exemple, quand on invite des experts à venir parler du suicide à des groupes d’élèves pendant une heure et que ces experts rentrent ensuite chez eux sans qu’on ait offert aux élèves les structures de soutien appropriées pour traiter les émotions que ces présentations peuvent avoir avivées chez eux — sont tout simplement inefficaces et ne sont pas sans danger. Nous savons en effet que ce type d’approche risque d’aggraver les attitudes liées au suicide et de renforcer le sentiment de désespoir chez les jeunes, en les laissant dans une situation où ils sont incapables de s’adapter pour y faire face 6. Pour que les programmes d’études sur la sensibilisation au suicide soient efficaces et sans danger, il faut les mettre en œuvre de façon judicieuse, avec sensibilité et dans le cadre d’un programme d’études plus général sur la santé mentale et la prévention du suicide.

De quoi s’agit-il? Restreindre l’accès aux moyens de passer à l’acte, c’est interdire, sécuriser ou éliminer les méthodes susceptibles d’être utilisées par les jeunes pour essayer de se suicider. Pour cela, il faut prendre des mesures à l’échelle de l’ensemble de la population (clôtures de sécurité sur les ponts et les édifices, etc.), dans les hôpitaux et établissements de soins intensifs (élimination des objets aiguisés dans les chambres des patients, etc.) et à domicile (rangement des médicaments dans des placards verrouillés, etc.).

Pourquoi est-ce important? Pour que nous ayons autant de chances que possible de prévenir les suicides, il faut que nous sécurisions autant que possible les milieux dans lesquels les jeunes évoluent. La restriction de l’accès aux moyens de passer à l’acte est l’une des premières choses qu’on peut faire pour réduire le risque que les jeunes se fassent du mal. Ce type de restriction a, à tout le moins, le potentiel de diminuer chez certains jeunes la motivation de se livrer à des comportements suicidaires.

Que nous apprend la recherche? Les études montrent que les politiques comme le contrôle des armes à feu, les restrictions relatives aux pesticides, la détoxification des gaz à usage ménager, les restrictions concernant les ordonnances et la vente de barbituriques et la construction de barrières aux endroits où les individus pourraient tenter de sauter ont un impact sur la diminution du nombre de décès par suicide dans la population dans son ensemble 6. L’efficacité de ces stratégies peut varier selon le pays dans lequel on les a mises en œuvre.

Avertissement : Ce n’est pas parce qu’on restreint l’accès aux moyens de passer à l’acte qu’on est à l’abri. Il ne s’agit que d’un travail de fond pour la prévention du suicide et la stratégie est loin d’être infaillible, parce que le fait de restreindre l’accès à une méthode donnée peut conduire les personnes suicidaires à utiliser davantage une autre méthode 7. Pour éviter de donner une fausse impression de sécurité, quel que soit le contexte concerné, il faut toujours que la restriction de l’accès aux moyens de passer à l’acte fasse partie d’une gamme de plusieurs stratégies de prévention du suicide qu’on choisit de mettre en œuvre.

De quoi s’agit-il? Les lignes directrices sur la présentation des suicides dans les médias ont pour but d’éduquer les journalistes et autres membres des médias sur ce qu’ils doivent faire pour que leurs reportages sur des suicides soient sans danger et formulés de façon responsable et sensible. Parmi les principales lignes directrices adressées aux journalistes, il y a l’idée de ne pas produire des reportages à sensation sur les décès par suicide et de ne pas fournir de détails sur les méthodes employées pour les suicides.

Pourquoi est-ce important? Le suicide est un sujet délicat et chargé d’émotions. Si l’on ne tient pas compte de cela dans les reportages, on risque de déclencher des réactions dans une partie de son auditoire ou, pire, de susciter un phénomène de contagion. En fait, il existe de nombreux travaux de recherche qui montrent que les reportages irresponsables dans les médias sur les suicides sont liés à une augmentation des comportements suicidaires 8. Les médias sont un outil puissant; il s’agit de l’utiliser de façon judicieuse. Quand on prend les bonnes précautions, cet outil a d’importants avantages. Les médias peuvent servir à diffuser des messages marquants d’espoir, à lutter contre la stigmatisation et à renforcer la sensibilisation des jeunes aux ressources qui sont à leur disposition.

Que nous apprend la recherche? Par le passé, la plupart des travaux de recherche se sont concentrés sur l’impact négatif des reportages irresponsables dans les médias (qu’on appelle l’« effet Werther ») et beaucoup moins sur l’impact protecteur que les médias peuvent avoir quand leurs reporters ont une attitude responsable (qu’on appelle l’« effet Papageno ») 8. Certaines études montrent que, quand on interdit toute communication dans les journaux, qu’on réduit au minimum la couverture médiatique et qu’on améliore la qualité des reportages en cas de décès par suicide, le nombre de tentatives de suicide et de décès a tendance à baisser 8.

Ressource utile : Pour en savoir plus sur les lignes directrices pour les médias sur la prévention du suicide chez les jeunes, voir notre page « La collaboration avec les médias ». Cette page évoque les termes, idées et messages à éviter dans les reportages, ainsi que les messages qu’il peut être utile de faire passer. 

De quoi s’agit-il? Les programmes de formation axée sur les compétences sont des programmes de promotion de la santé mentale conçus en vue d’aider les jeunes à mieux faire face, à résoudre les problèmes, à prendre de bonnes décisions et à acquérir d’autres compétences importantes pour la vie quotidienne. Pour faciliter les choses, ces programmes sont offerts dans les écoles, dans l’idéal dès l’école primaire.

Pourquoi est-ce important? Ces programmes ne se concentrent pas toujours explicitement sur les pensées et comportements suicidaires, mais leur impact potentiel sur le bien-être des jeunes fait qu’ils sont extrêmement pertinents en matière de prévention du suicide. Les jeunes qui se sentent mieux outillés sur le plan cognitif, affectif et social pour faire face aux difficultés dans leur vie sont moins susceptibles d’avoir des pensées suicidaires ou de se livrer à des comportements de ce type.

Que nous apprend la recherche? Il existe des recherches qui montrent que les programmes de formation axée sur les compétences peuvent donner de bons résultats. D’après une étude particulière, par exemple, le programme « Jeu du bon comportement » peut contribuer à réduire les pensées et les comportements suicidaires 5. Une autre étude laisse à penser que le programme « Zuni Life Skills » ciblant les jeunes Autochtones a bel et bien eu pour effet de réduire les pensées et comportements suicidaires, ainsi que les sentiments de désespoir, et qu’il a renforcé les compétences en résolution de problèmes; cependant, on aurait pu améliorer le programme en y intégrant davantage les guérisseurs traditionnels et les parents 9. En revanche, pour ce qui est des recherches sur l’impact des programmes de formation axée sur les compétences quand il s’agit d’encourager les jeunes à se faire aider et d’améliorer les facteurs de protection de leur vie, les résultats restent mitigés 5.

De quoi s’agit-il? Les stratégies de prévention du suicide sur le Web comprennent toutes les mesures visant à rendre le réseau Internet plus sûr et plus utile du point de vue de la prévention du suicide. Il s’agit entre autres de donner une plus grande visibilité en ligne aux ressources de soutien et de surveiller les messages inquiétants sur les réseaux sociaux. Dans la même veine, les services de soutien en ligne sont des programmes élaborés et offerts par des spécialistes professionnels de la santé mentale qui utilisent des modes de communication sur Internet, comme le clavardage, le courriel et les groupes de discussion, pour aider les gens qui sont aux prises avec des problèmes de dépression et de pensées ou comportements suicidaires.

Pourquoi est-ce important? Le réseau Internet et les réseaux sociaux font désormais partie de la vie quotidienne et cela a des répercussions indéniables en matière de prévention du suicide. Il est de plus en plus intuitif pour les jeunes de chercher à obtenir de l’aide en ligne 10,11. Il est aussi de plus en plus courant que les tentatives de suicide soient précédées de messages de détresse sur les réseaux sociaux 11. Il faut que nous restions à la page. Il est nécessaire d’avoir des services de prévention et de soutien sur le Web pour répondre à ces nouveaux besoins du monde moderne.

Que nous apprend la recherche? Les recherches dans ce nouveau domaine de la prévention du suicide sont encore très limitées, en particulier en ce qui a trait aux jeunes 10. Dans une étude particulière, on a constaté que les étudiants à risque au niveau collégial qui participaient à des activités de clavardage anonyme avec un thérapeute étaient trois fois plus susceptibles de participer à une évaluation en personne et d’accepter de suivre un traitement que ceux qui ne participaient pas à de telles discussions en ligne 10. Il faudra cependant plus de travaux de recherche pour mieux comprendre le fonctionnement éventuel de ces programmes.

Avertissement : Le réseau Internet est une épée à double tranchant. Il s’agit d’un système incroyablement pratique, mais il est également très facile pour la situation de déraper rapidement. Pour veiller à ce que les conversations soient sans danger et qu’aucune idée dangereuse (description de méthodes pour se suicider, etc.) ne puisse circuler librement, il faut que les plateformes de discussion en ligne soient étroitement surveillées par des spécialistes professionnels qualifiés.

De quoi s’agit-il? La formation sur la prévention du suicide pour les médecins en soins primaires consiste à apprendre aux médecins comment dépister, reconnaître et traiter les troubles de l’humeur (dépression, etc.) et les pensées et comportements suicidaires chez leurs patients.

Pourquoi est-ce important? Nous savons que la grande majorité des personnes décédées par suicide ont vu un médecin dans l’année ayant précédé leur décès et que plus de la moitié ont vu un médecin dans le mois ayant précédé leur décès 6. Nous savons également que la dépression, qui est l’un des facteurs de risque les plus importants dans le suicide, est un problème sous-diagnostiqué chez les adolescents qui fréquentent les services de soins primaires 6. Les services de soins primaires offrent un potentiel énorme en matière de prévention. C’est à nous d’outiller les médecins en soins primaires pour qu’ils disposent des outils qui leur permettront d’exploiter ce potentiel.

Que nous apprend la recherche? Les études montrent que la formation des médecins en soins primaires pour qu’ils sachent diagnostiquer et traiter les troubles de l’humeur peut contribuer à réduire le nombre de tentatives de suicide 6. Une étude particulière montre également qu’une formation d’une journée a aidé les médecins en soins primaires à repérer dans la pratique les adolescents en situation de détresse psychologique et ayant des pensées suicidaires 6.

De quoi s’agit-il? Le dépistage est une méthode de repérage des jeunes présentant un risque de suicide. On demande à des groupes d’élèves (soit à tous les élèves soit aux élèves à risque) de remplir des questionnaires sur les pensées et comportements suicidaires et sur les facteurs de risque que sont la dépression et l’abus d’alcool et de drogues. Ensuite, les élèves qui semblent être plus vulnérables se voient offrir du soutien ou sont aiguillés vers des services pouvant offrir un traitement.

Pourquoi est-ce important? On ne fait pas un travail suffisant de repérage des jeunes qui sont aux prises avec des pensées et comportements suicidaires et bon nombre d’entre eux vivent avec une maladie mentale non traitée. Le dépistage est un moyen simple et efficace de repérer ces jeunes et de leur procurer de l’aide.

Que nous apprend la recherche? D’après une étude particulière, le dépistage des élèves suicidaires fait que les élèves sont plus enclins à chercher de l’aide, parce que la majorité des élèves aiguillés vers les services de santé mentale (70 p. 100) font bel et bien la démarche recommandée 12. Le dépistage s’avère également avoir été incorporé avec succès dans le programme d’études sur la sensibilisation au suicide « Signs of Suicide » 5.

Avertissement : L’organisation d’une activité ponctuelle de dépistage de masse semble être un bon moyen de repérer toutes les situations à risque dans la population étudiante, mais comme le risque de suicide est quelque chose qui peut évoluer rapidement, il est probable que ce type d’activité ne permette pas de repérer plusieurs élèves vulnérables — en particulier quand on l’organise à un moment donné choisi au hasard. Il peut s’avérer plus efficace d’organiser des activités régulières de dépistage des maladies mentales, parce que les symptômes ont tendance à être plus stables. Il peut également s’avérer plus pertinent d’effectuer les activités de dépistage lors de périodes où les jeunes sont vulnérables (p. ex., après un décès par suicide dans la communauté), parce que c’est lors de ces périodes que les pensées suicidaires ont tendance à se manifester plus souvent. Quoi qu’il en soit, il ne faut pas utiliser le dépistage comme stratégie de façon isolée, mais en complément d’autres mesures. Mais surtout, il est impératif que le dépistage soit suivi d’un aiguillage rapide vers les services de traitement des problèmes de santé mentale. Il faut que les élèves repérés lors du dépistage sachent que leur appel à l’aide a été entendu et qu’il y a bien des services qui sont là pour les aider.

De quoi s’agit-il? La formation de sentinelles apprend aux gens comment reconnaître les signes avant-coureurs du suicide, comment bien réagir et parler aux jeunes dont on soupçonne qu’ils sont à risque et comment les aider à obtenir de l’aide. Les personnes qui peuvent devenir des sentinelles sont les adultes ou camarades des jeunes qui sont bien placés pour les aider, du fait de leur emploi, de leur rôle dans la communauté ou simplement de leurs aptitudes naturelles.

Pourquoi est-ce important? Bon nombre de jeunes souffrent en silence. Alors il faut que nous les surveillions et que nous entrions en contact avec eux quand cela est nécessaire. Bon nombre de jeunes sont également peu enclins à chercher de l’aide par eux-mêmes, alors il nous faut des sentinelles qui les aideront à faire le premier pas en vue de se faire soigner. Mais surtout, du moment qu’on a un nombre de sentinelles suffisant, on a les moyens de mettre en place un vaste réseau de soutien humain pour la sécurité des enfants et des jeunes dans les communautés.

Que nous apprend la recherche? Plusieurs études montrent que les programmes de formation de sentinelles peuvent, à plusieurs égards, réduire le risque de suicide. Le Programme des aidants communautaires, qui recrute pour la fonction de sentinelle des « aidants naturels » nommés par leurs pairs, a contribué à développer de façon significative les capacités des collectivités, en nouant des liens entre les réseaux informels (réseaux de pairs) et les réseaux formels (prestataires de services, etc.) 13. Les jeunes ayant participé au programme « Sources of Strength », qui s’appuie sur un modèle invitant les jeunes eux-mêmes à prendre les choses en main, semblent posséder de meilleures stratégies pour faire face, mieux connaître les signes avant-coureurs du suicide et mieux arriver à aiguiller leurs camarades en situation de détresse vers des adultes à l’école que leurs camarades n’ayant pas participé au programme 5. Les programmes de formation de sentinelles mis en œuvre dans d’autres cadres communautaires (p. ex., dans les couloirs des résidences universitaires) ont produit des résultats comparables 14 15. Cela étant dit, il faudra faire d’autres recherches encore pour déterminer si ces programmes contribuent réellement, à long terme, à réduire la fréquence des pensées et comportements suicidaires 5.

De quoi s’agit-il? Les services d’écoute téléphonique et d’écoute en situation de crise sont des numéros de téléphone, parfois gérés en réseau, que les gens peuvent composer quand ils sont en situation de détresse. À l’autre bout de la ligne, des conseillers qualifiés offrent des services d’évaluation et d’intervention en situation de crise pour tenter de réduire le risque immédiat d’automutilation ou de suicide et pour encourager les gens à obtenir les soins en personne dont ils ont besoin.

Pourquoi est-ce important? Il arrive trop souvent que les jeunes — surtout ceux qui vivent en milieu rural — n’aient pas accès assez rapidement à l’aide dont ils ont besoin. Les services d’écoute téléphonique et d’écoute en situation de crise contribuent à réduire les délais en offrant des services 24 heures sur 24, sept jours sur sept, rapidement et de façon pratique. Avec un système de soins en santé mentale qui croule sous la demande, il est impossible de sous-estimer l’importance de disposer des services rapides et fiables.

Que nous apprend la recherche? Il n’existe que peu de recherches sur les services d’écoute téléphonique. L’une des raisons expliquant cette situation est que les services sont anonymes, de sorte qu’il est difficile de faire un suivi auprès des personnes qui les appellent. D’après une étude particulière, les gens ayant appelé le numéro « National Suicide Prevention Lifeline » aux États-Unis disent qu’ils se sentent moins déprimés, moins suicidaires, moins dépassés par les événements et plus optimistes à la fin de leur appel pris en charge par un conseiller ayant suivi la formation ASIST 16. Il nous faut plus de recherches et plus d’observations de personnes ayant appelé ces services par le passé pour déterminer ce qu’on pourrait faire pour les rendre aussi efficaces que possible.

De quoi s’agit-il? Le traitement psychologique (aussi appelé psychothérapie) est le traitement de troubles mentaux comme les troubles de l’humeur et les troubles anxieux, qui sont souvent des troubles qui sous-tendent les pensées et les comportements suicidaires. Par définition, la psychothérapie ne fait pas intervenir le recours à des médicaments, même si elle est souvent associée, dans la pratique, à un traitement médicamenteux.

Pourquoi est-ce important? Les maladies mentales sont l’une des causes profondes des pensées et comportements suicidaires, ce qui signifie que le traitement des problèmes de santé mentale et la prévention du suicide vont de pair. Quand les jeunes participent à un traitement pertinent et efficace pour leur santé mentale, ils ont les moyens d’apprendre de nouvelles manières de faire face à l’adversité, de ne pas s’enliser dans des soliloques négatifs et de remplacer leurs sentiments de désespoir par des objectifs fondés sur une vision optimiste de la vie.

Que nous apprend la recherche? Les recherches sur la psychothérapie pour les jeunes suicidaires sont encore limitées par rapport aux recherches sur les adultes suicidaires 5, même si certaines approches semblent prometteuses. Certaines études montrent que la thérapie cognitivo-comportementale peut être efficace quand on cherche à réduire les pensées et comportements suicidaires, mais d’autres recherches indiquent qu’elle ne l’est pas si elle se concentre strictement sur la détresse et sur les symptômes 5. Ces observations soulignent l’importance de l’offre de traitements pertinents, en aidant les jeunes à retrouver l’espoir et des moyens de s’épanouir, et non seulement en cherchant à réduire les symptômes. Une étude particulière laisse à penser que la thérapie comportementale dialectique est efficace quand on cherche à réduire les pensées et comportements suicidaires chez les jeunes 5 et d’autres recherches montrent des résultats comparables pour la thérapie multisystémique 6. Il nous faudrait plus de recherches pour élaborer des traitements pour les pensées et comportements suicidaires.

De quoi s’agit-il? Le traitement psychiatrique (aussi appelé pharmacothérapie) est l’utilisation de médicaments pour traiter les troubles de la santé mentale qui sous-tendent souvent les pensées et comportements suicidaires.

Pourquoi est-ce important? Dans le cas d’une maladie mentale grave, il faut des médicaments pour rétablir des niveaux normaux de neurotransmetteurs dans le cerveau et soulager les symptômes aigus. Les médicaments peuvent ainsi aider les jeunes à mieux fonctionner au quotidien et les mettre dans un état d’esprit qui leur permet de consacrer toute leur attention et leur énergie à leur rétablissement.

Que nous apprend la recherche? Les conclusions des travaux de recherche sur les médicaments et en particulier sur les antidépresseurs sont mitigées et controversées. D’un côté, certaines études montrent que les antidépresseurs peuvent faire augmenter le risque de pensées et de comportements suicidaires chez l’individu, ce qui semble indiquer qu’ils peuvent être dangereux; d’un autre côté, d’autres travaux de recherche indiquent que les antidépresseurs réduisent globalement l’incidence des pensées et comportements suicidaires, grâce à leur impact sur les formes graves de dépression 5,6. Les chercheurs pensent que le risque d’augmentation de l’incidence des pensées et comportements suicidaires concerne principalement le premier mois de la prise d’antidépresseurs, car c’est la période durant laquelle bon nombre des études susmentionnées ont été effectuées 6. Ceci montre combien il est important de surveiller de près les jeunes quand ils prennent des médicaments, en particulier lors du premier mois du traitement psychiatrique.

Avertissement : Pour la plupart des jeunes, il convient d’éviter d’utiliser un traitement axé entièrement sur la prise de médicaments. La pharmacothérapie peut avoir un effet positif en vue du rétablissement sur le plan chimique, mais elle ne suffit généralement pas, en elle-même, à aider le jeune à s’épanouir sur le plan affectif, cognitif et social quand il souffre d’une maladie mentale grave. Et, si l’on ne surveille pas de près la situation, les médicaments peuvent faire plus de mal que de bien chez les jeunes. Pour assurer l’efficacité maximale du traitement des problèmes de santé mentale, il faut surveiller étroitement l’emploi des médicaments et le combiner à un traitement psychologique.

De quoi s’agit-il? Les soins aux urgences pour les jeunes suicidaires prennent la forme d’interventions brèves et rapides, menées au service des urgences de l’hôpital, afin de résoudre le problème avec la famille et de trouver des manières de garantir la sécurité du jeune et de l’encourager à se faire aider après son retour à la maison. Les soins de suivi qui sont alors offerts au jeune pendant une certaine période après la sortie de l’hôpital peuvent prendre la forme de séances de suivi avec un conseiller, de visites à domicile d’un responsable du dossier ou de communications périodiques du personnel avec le jeune par message texte, au téléphone, par lettre ou par courriel.

Pourquoi est-ce important? Les urgences sont l’endroit par défaut où nous envoyons les jeunes quand il y a un risque imminent de suicide. C’est pour cela qu’il s’agit d’un lieu important pour la prévention du suicide. Il faut également prêter attention à ce qui arrive après le passage aux urgences, parce que nous savons que bon nombre de jeunes font une nouvelle tentative de suicide dans le mois qui suit leur hospitalisation. Il faut que le passage aux urgences marque un tournant dans la vie du jeune. Les soins aux urgences et les soins de suivi offrent la possibilité de mettre les jeunes en relation avec les soins offerts en milieu communautaire et de s’assurer qu’ils disposent du soutien dont ils ont besoin.

Que nous apprend la recherche? Les études semblent indiquer que la combinaison des interventions aux urgences et des soins de suivi permet de réduire le nombre de décès par suicide et d’hospitalisations liées à des tentatives de suicide et pousse également les jeunes à suivre des traitements 5. Il s’agit là de résultats prometteurs. Mais il vaut la peine de noter que les conclusions des recherches sur les soins aux urgences et les soins de suivi pour les adultes ne sont pas aussi positives : la plupart des modèles d’intervention sont impuissants à réduire le risque de suicide à long terme 17. Il faut trouver des moyens d’améliorer ces services afin qu’ils aient le plus grand impact possible.

De quoi s’agit-il? La stratégie de réduction de la consommation nocive d’alcool est une stratégie de prévention à multiples facettes et à multiples paliers, qui englobe toutes les mesures visant à réduire les problèmes de consommation d’alcool chez les jeunes. Les autorités gouvernementales ont certes un rôle essentiel à jouer pour ce qui est d’imposer le respect des politiques pertinentes (p. ex., en relevant la limite de l’âge légal pour boire), mais les communautés elles-mêmes peuvent également mener des initiatives importantes, comme des initiatives de promotion de la santé (avec, par exemple, l’offre de milieux sans alcool pour les jeunes), des programmes d’intervention (avec, par exemple, des programmes communautaires pour les sous-groupes à risque) et des traitements (p. ex., pour la toxicomanie et les troubles concomitants).

Pourquoi est-ce important? L’abus d’alcool et de drogues est un facteur important dans les comportements suicidaires, sans compter que la consommation d’alcool peut aggraver les problèmes de santé mentale 18. En réduisant au minimum les problèmes de consommation nocive d’alcool, on peut donc contribuer à diminuer la fréquence des comportements suicidaires.

Que nous apprend la recherche? Les recherches montrent que l’augmentation de l’âge légal pour boire et l’augmentation des taxes appliquées aux produits alcoolisés sont des stratégies qui permettent de réduire les taux de suicide 19,20. Les chercheurs s’appuient sur des données probantes pour recommander d’intégrer, dans les approches d’intervention pour les troubles liés à l’utilisation de substances psychoactives, différentes stratégies thérapeutiques, comme le soutien par les pairs, les programmes au sein de l’école, les traitements psychologiques et les médicaments 21. Les jeunes PNIM sont susceptibles de tirer profit de programmes plus holistiques, qui se concentrent sur le renforcement des facteurs de protection dans leur vie 22.

Ressources utiles :
L’Organisation mondiale de la Santé a élaboré une Stratégie mondiale visant à réduire l’usage nocif de l’alcool. Ce rapport comprend des options pour les politiques et des interventions pour les communautés

Le Centre canadien de lute contre les toxicomanies ont développé un résumé thématique intitulé: Consommation de substances et suicide chez les jeunes : Stratégies de prevention et d’intervention, qui traite de la relation entre la consommation de substances et suicide chez les jeunes, identifie les jeunes à risque et présente diverses méthodes de prévention et de traitements pour les jeunes qui consomment et sont au risque de suicide. 

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