Stigmatisation

« Lorsque j’étais déprimé(e), la stigmatisation et le rejet des autres étaient pires que le fait de souffrir de la dépression. J’aurai préféré(e) avoir le cancer que de souffrir de la dépression… »

rapporte un jeune qui a fait l’objet de stigmatisation

La stigmatisation est l'acte d'étiqueter une personne ou un groupe de personnes ou agir de manière discriminatoire à leur égard en raison de problèmes de santé mentale observés ou présumés. La maladie mentale est l’un des traits de personnalité les plus stigmatisés par la société,1 et cette stigmatisation empêche les personnes atteintes d’obtenir l’aide nécessaire alors qu’elles en ont vraiment besoin.

La stigmatisation dont fait l’objet la personne atteinte de maladie mentale peut prend les formes suivantes : perte de ses amis et de ses proches, difficulté à trouver un emploi, ou possibilités limitées en matière de logement et d’éducation. La personne peut même se stigmatiser elle-même, estimant qu’elle est responsable de ses problèmes et qu’elle mérite le traitement qu’elle reçoit.2

La stigmatisation peut s’avérer plus grave chez les jeunes. Elle peut nuire aux études, à l’emploi, aux relations ainsi qu’aux habitudes de santé, ce qui entraîne des conséquences négatives pouvant persister tout au long de la vie.2 Près de 60 % des jeunes de moins de 25 ans qui ont reçu un traitement pour une maladie mentale ont déclaré avoir été victimes de stigmatisation, ce qui représente un taux nettement plus élevé que tous les autres groupes d’âge.3

Comment pouvez-vous agir?

La meilleure façon de réduire la stigmatisation est d’encourager l’exposition des personnes en fonction de leur âge à des gens qui ont souffert de maladie mentale. On a constaté que les programmes d’éducation fondés sur des contacts(c.-à-d. celles au sein desquelles des jeunes interagissent avec une personne atteinte d'une maladie mentale) offerts en plusieurs séances modifient de façon positive les attitudes et les comportements de pairs envers les personnes atteintes d'une maladie mentale.2

En outre, le langage que nous utilisons pour décrire le suicide chez les jeunes peut favoriser le rétablissement ou aggraver la stigmatisation.4 Les termes qui encouragent la compréhension et un point de vue ne comportant aucun jugement donnent de l’espoir aux familles et aux membres de la collectivité éprouvés, qui peuvent être réticents à demander de l’aide en raison de la stigmatisation.4 Examinez le tableau ci-dessous pour faire la distinction entre les termes appropriés et ceux qu’il faudrait éviter5 :

Éviter

Utiliser

  • « Committed suicide » : Cette locution anglaise remonte au Moyen Âge alors que le suicide était illégal et constituait un péché. Aujourd’hui, l’utilisation du verbe commit pose un problème en anglais, car on s’en sert également pour décrire un acte criminel (p. ex. un homicide ou une agression), et le suicide n’est plus un acte criminel au Canada.
  • Suicide réussi ou accompli : La mort par suicide est une tragédie, non pas une réussite.
  • S’est suicidé, est mort par suicide, décès par suicide : Ces termes sont neutres et correspondent bien à la façon de décrire d’autres types de décès (p. ex. mort du cancer, mort dans un accident d’automobile).
  • Suicide raté ou manqué : Ces termes ne sont ni utiles ni exacts, car ils laissent entendre que la personne qui a fait une tentative de suicide est un raté. En réalité, cela donne à la personne la possibilité de demander de l’aide et de l’espoir.

  • Suicide non mortel, tentative de suicide : Ces termes reflètent de façon plus exacte et appropriée une tentative qui n’entraîne pas la mort.